Taxe d’habitation: Paris renforce sa chasse aux résidences secondaires



Source: Le figaro Immobilier 25/01/2017

Comme prévu, Paris va utiliser pleinement la possibilité de rehausser la surtaxe d’habitation sur les résidences secondaires, qui passera de 20% à 60%. La Ville espère doper les locations de biens inoccupés.

L’équipe Hidalgo l’avait annoncé et répété: elle comptait bien profiter à Paris de la possibilité (adoptée en novembre dernier) d’augmenter la surtaxe d’habitation 2017 sur les résidences secondaires et les logements vacants jusqu’à 60% (contre 20% jusqu’à présent). C’est l’adjoint chargé du logement, Ian Brossat, qui s’est fait un plaisir d’expliquer à 20 Minutes qu’une délibération serait votée dès lundi prochain au conseil de Paris pour majorer la taxe d’habitation au taux maximum de 60% pour les résidences secondaires.

Pour justifier cette mesure, la municipalité socialiste s’appuie sur l’explosion du nombre de résidences secondaires dans la capitale au cours des 15 dernières années. Il est vrai que leur nombre a grossi de 43% quand les résidences principales n’ont évolué que de 3%. Elles ne pèsent cependant même pas 10% du total (107.000 résidences secondaires recensée par l’Insee en 2014 contre 1,1 million de résidences principales). Reprenant son cheval de bataille favori, la Ville souligne que cette tendance prive les Parisiens de logement et pointe les arrondissements centraux (du Ier au IXe) comme étant particulièrement touché par cette tendance, le VIIe établissant des records en la matière.

43 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires

La Ville estime que la surtaxe à 20% n’était pas assez dissuasive sachant que le montant de base de cette taxe dans la capitale n’est pas particulièrement élevé par rapport à d’autres villes. Elle rêvait même d’une surtaxe à 100% voire plus. Au passage, cette évolution permettra de grossir les recettes fiscales de Paris: la surtaxe rapportait 20 millions d’euros par an quand elle était à 20% et devrait permettre d’en engranger 63 millions avec ce nouveau taux.

Une politique qui laisse dubitatifs bon nombre de professionnels de l’immobilier. L’encadrement des loyers a déjà refroidi certains propriétaires qui délaissent la location, pas sûr que cette surtaxe les incitent donc à revenir sur ce marché. Par ailleurs, comme le souligne la municipalité, les biens concernés sont souvent très centraux et cossus. Il n’est pas certain qu’ils viennent doper les possibilités de logements de Parisiens s’ils sont revendus. Reste l’alternative Airbnb: même si les contrôles s’intensifient, l’activité reste assez rentable et peu contrôlée pour les petites surfaces mais serait bien moins intéressante pour les grands appartements comme le souligne une étude récente.